Une fille entre dans un bar d’Helena S. Paige

une fille rentre dans un bar   Parce qu’on est tout de même mardi et que j’ai fort envie de me marrer en ce moment, j’ai décidé de remettre le couvert en ce deuxième mardi du mois. J’ai reçu un roman un peu particulier puisqu’à chaque fin de chapitre, il est proposé au lecteur de choisir la suite. C’est un concept que les enfants connaissent dans les livres dont ils sont le héros. Je pense qu’on n’avait pas encore vu ça pour un livre érotique.

Accompagnez-moi dans la lecture que j’ai faite de ce roman et dans les choix que j’ai pu faire.

Tout commence par le choix de la culotte ! Vous allez sortir et devez choisir quelle culotte vous allez enfiler. Le choix est ouvert entre la vieille culotte moche, la culotte gainante, le string violet et l’absence de culotte. Après avoir beaucoup hésité entre le string et l’absence de culotte, j’ai opté pour le string, navrée de voir qu’aucune attention ne semblait se porter sur le fait de coordonner son soutien-gorge… quelle faute de goût… J’ai bien fait car si je n’avais pas mis de culotte, le livre m’aurait par la suite redirigée vers le string… Faut-il y voir un message de la part des auteurs…

J’entre ensuite dans le bar, ma copine m’abandonne lâchement à la dernière minute (un coup à l’étrangler avec l’élastique du dit string), je me fais aborder par un vieux moche, sauver par un beau mec très occupé et servir par un garçon prépubère… Je décide de me rendre dans une exposition photo, invitée par une jeune femme qui m’a remaquillée dans les toilettes…

Feuilletant quand même les pages que j’ai sautées grâce à ce choix, je m’aperçois que j’ai fort bien fait et échappé à un plan foireux avec une rock star… un chanteur de zouk love, ok… mais une rock star…

Me voilà donc partie pour un long passage ennuyeux au possible dans une galerie d’art exposant des photos de nu… Rencontre avec le mannequin, le photographe, etc… Je m’ennuie en diable à cette lecture d’autant que tout est rédigé à la deuxième personne du pluriel puisque les choix sont censés nous être directement adressés et que c’est écrit/traduit à la truelle à plâtre… Quand on pense qu’elles se sont mises à trois pour écrire ça…

A la fin de l’exposition, je suis tentée de faire le choix de rentrer chez moi et ainsi me rendre dans les dernières pages du livre, le finir et enchaîner sur une lecture plus intéressante. Mais je me dis que je dois quand même jouer le jeu et faire un choix plus proche de ce que j’aurais fait en réalité. Je décide donc de quitter l’expo avec le charmant photographe qui me propose de me mitrailler les contours… Non, bande de pervers, juste de photographier les parties non sexuelles mais érotiques de mon corps. Chouette programme hein. Surtout que dans un roman, on ne risque pas grand chose à faire ce genre de choix inconsidéré.

De là démarre une séance photo assez sympa à l’issue de laquelle on vous demande si vous préférez voir les photos ou rentrer chez vous… poin poin poin…. Donc luttant contre mon envie d’en finir avec ce bouquin insipide, je m’accroche et décide de voir les photos. Et je fais enfin un bon choix car le photographe va me régaler dans la chambre noire  d’une scène des plus torrides, me gratifiant d’un cunnilingus correctement orchestré, rendant ma lecture dans le métro des plus gênantes tout à coup… Chaleur…

Fin du chapitre… En avez-vous assez et souhaitez-vous rentrer chez vous ou préférez-vous attendre ce que vous promet l’étalon ? Quelle conne pourrait ici avoir envie de rentrer chez elle ? Sérieux…  D’autant que comble des choix ridicules de terme, il faut savoir que son « énorme protubérance » est toujours visible à l’oeil nu et que « vous sentez dans le dos une certaine rigidité ». Florilège de phrases à vous faire débander un homme sous viagra ou s’assécher une femme-fontaine :  » comme si cette chose était vivante » ou « Il prend toute la place que vous avez à lui offrir ». Je rappelle que c’est écrit par des femmes pour des femmes… SOYONS CLAIRS ! SI DES FEMMES SONT EXCITEES PAR UN TEL VOCABULAIRE… JE SUIS UN HOMME… A FORTE POITRINE, CERTES…

A la fin de cette scène, on me demande encore si je préfère rentrer chez moi manger du pop-corn ou aller tout raconter à ma copine. Dois-je vraiment vous dire encore une fois ce que je pense des choix de scénario ?

Je vais donc chez ma copine qui se révèle être une vraie connasse car elle n’a rien trouvé de mieux à faire après m’avoir plantée lâchement en début de soirée que de se faire éperonner par son patron dont on nous disait en début de roman que c’était un gros crétin abusant de son pouvoir hiérarchique… Mais après une joute ou deux, un bracelet attaché au poignet, Mélissa pense que ce type est quelqu’un de bien, au fond… et on entend une fois la porte refermée que la dite copine prend une fessée et en pousse de tonitruants cris de plaisir. Euh pour moi, le coup du patron qui profite de son employée, c’est juste épouvantable de cliché et je n’aime pas du tout ce que ça véhicule.

Bon, j’ai évité d’autres scénarios : j’aurais pu fouetter les fesses de Miles avec une règle ou dépuceler Xavier… Je me suis peut-être privée d’une lecture merveilleuse car j’ai fait les mauvais choix…

Elle finit tout de même par rencontrer son voisin grâce à une « panne » d’ascenseur et celui-ci va devenir son grand amour… Ben oui, à la fin, on se calme, on tombe amoureux et grâce à un scénario éculé du voisin rencontré devant l’ascenseur coincé et qui propose de nous soigner car on s’est fait un gros vilain bobo en s’éraflant sur un des cartons qu’il déplaçait…

Bon, je me suis marrée quand même devant tant de clichés, de tournures hasardeuses, de propositions plus banales les unes que les autres… L’idée était bonne mais franchement, ce bouquin est une daube…

Rentrée 2013

46 réflexions au sujet de “Une fille entre dans un bar d’Helena S. Paige”

  1. « comme si cette chose était vivante » : mais comment ça ça ne t’excite pas 0_o
    L’idée était en effet bonne mais je passerai mon chemin hein^^ Bravo de l’avoir terminé en tout cas.

    Répondre
    • Disons que je trouve important de terminer un roman qu’on se permet de juger négativement. Je ne veux pas qu’on puisse me reprocher de critiquer un roman qu’au final je n’aurais pas lu attentivement et intégralement. En tout cas, là, j’ai été ravie d’avoir le droit de sauter des pages en fonction du scénario choisi

      Répondre
  2. Dommage, l’idée d’utiliser le mécanisme des livres dont vous êtes le héros est excellente. Moi qui ne suis pas très intéressé par la littérature érotique, j’aurais pu me laisser tenter. Enfin, s’il y avait une version sans string, cunnilingus et fortes poitrines bien sûr. D’ailleurs si ça se trouve quelqu’un a eu l’idée, il faudrait que j’aille demander à la librairie gay pas loin de chez moi si ça existe.

    Répondre
  3. Tu n’as peut-être pas fait le bon choix dès le départ en te lançant dans ce bouquin. Quoique, ça m’aura au moins permis de lire un excellent billet et de rigoler un bon coup, merci !

    Répondre
    • Ouais du très très lourd… et on se demande comment aucune d’entre elles ne s’est aperçue que c’était aussi moisi 😉

      Répondre
  4. MOuahahhaha je ris, je ris je ris. Mais je ris un peu jaune aussi pcq je dois le lire pour lundi au plus tard. Pitié quoi. Pfffffff. J’espère que ça se lira vite au moins !

    Répondre
    • C’est ça, chacun a un parcours différent. Mais je pense que tous les scénarios sont aussi moisis les uns que les autres…

      Répondre
  5. ah ben mince, ç’aurait pu être intéressant… je me souviens qu’ado, j’adorais lire les livres dont on est le héros… quand on faisait un mauvais choix dans certaines séries, la mort nous entraînait invariablement au chapitre 14 ou 13. Et ici, à quel chapitre nous amène la petite mort ?!? pas le 69, quand même ? :p

    Répondre
  6. Je viens de publier mon billet, et je suis sur la même longueur d’ondes que toi même si je ne trouve pas que c’est une daube finie, parce que j’ai bien ri quand même 😀
    Je me suis permis de faire un lien vers ton excellent billet ^^
    Cajou

    Répondre

Laisser un commentaire