Sang Tabou – Camille Emmanuelle

    Eh, t’as pas un tampon, steuplé ? Chut, parle pas si fort, ils risqueraient de savoir qu’on est des femmes. Voilà tout le problème dont traite Sang Tabou : celui de nos menstruations. Comme si d’être douloureuses ne suffisait pas…

    Vous allez finir par croire que je voue un culte à Camille Emmanuelle. Ce n’est pas de ma faute si elle n’écrit que des choses intelligentes, remarquez. Encore un mardi intelligent, vous m’en verriez presque désolée. Mais là encore, un sujet très féminin, un sujet bien plus engagé qu’il ne pourrait sembler. Le sang menstruel.

    Dans cet essai, tout est bien pensé et intéressant. Mais tout est traité sans complexe, avec humour, il suffit de regarder les titres des chapitres pour le comprendre. allez je ne résiste pas : « Buvez, ceci est mon sang », « Je m’en tamponne », « La coupe est pleine », « Aux chiottes les règles », etc

    Tout d’abord, petit point très intéressant sur l’Histoire des règles, la manière dont elles sont perçues dans les différents coins du monde mais également par les religions. Edifiant. Ensuite, ce que les hommes ignorent : la peur de la tache Ce truc qui nous pourrit la vie depuis l’adolescence. J’ai beaucoup aimé le chapitre 3 sur la publicité autour des protections hygiéniques et qui pointe du doigt quelque chose de fondamental. Non, ce n’est pas sale…

    Les chapitres suivants parlent donc de protection, de douleur, d’humeur, de sexe pendant les règles mais aussi de ménopause. Tout y est soigneusement traité et exposé. Sang tabou est un essai qui se lit tout seul, on n’a plus envie de le lâcher. Pourquoi ? Mais tout simplement parce qu’il est plein de bon sens. Encore une des dictatures qui s’impose aux femmes et derrière laquelle on la cantonne encore.

    Tout d’abord, il serait bon d’éduquer à ce sujet. On éviterait ainsi de laisser circuler de fausses idées sur les règles : la saleté, l’impureté, l’odeur et j’en passe. Camille Emmanuelle s’intéresse à ce sujet alors qu’elle n’a jamais particulièrement été gênée par celui-ci. Mais elle a pu constater tout ce qui se vivait autour d’elle et permet ainsi à toutes les femmes de se sentir représentées.

    Plusieurs choses m’ont particulièrement intéressée.

  1. la question des saloperies contenues dans nos protections hygiéniques (et les alternatives possibles). Loin de prôner un retour aux bandelettes lavées à la main et pendues au fil à linge, il me semble urgent d’exiger que l’on retire certaines saletés de nos tampons notamment. Un reportage est d’ailleurs passé à la télévision récemment sur ce sujet.
  2. le sexe pendant les règles car oui, ça existe et ce n’est pas forcément un souci. Je rajoute d’ailleurs, car l’auteur n’en parle pas, l’existence de tampons en mousse permettant d’avoir des rapports sans tache. Pour celles et ceux que le sang rebuterait définitivement à ce moment-là
  3. la question de la ménopause, vraiment bien traitée
  4. l’endométriose

    Voilà, je recommande chaudement cet essai aux hommes comme aux femmes. Mieux on comprend les choses, moins elles restent un problème. Et c’est valable pour bien des choses

    Et moi, cet été, j’essaie la cup.

    Qu’avez-vous osé ce mois-ci ? Noukette a tenté l’infidélité, Jérôme les amours féminines, Manika et Parthenia font une mauvaise pioche, l’Irrégulière fait de la résistance.

28 réflexions au sujet de “Sang Tabou – Camille Emmanuelle”

          • Il ne faut pas. Moi j’admire tout ce que tu mènes de front, ton boulot, ton blog que tu ne tiens pas juste en vie, non tu le nourris de vrais sujets, ta vie de maman, de femme, ton roman, ceux à venir, ton rôle d’éditrice, la façon dont tu fais la promo de ton roman avec toujours la même passion et le succès qu’il représente, la ligne que tu t’es fixée et que tu ne quittes pas, ta parole, ton succès et ta joie communicative. Dans tout ça ta simplicité est une valeur rare. Que j’admire.

          • Ben si, les gentils mots font du bien. Et là, tous ces compliments, woaw, merci 😉

  1. Y a t’il réellement un chapitre intéressant sur la ménopause ? Parce que ça me semble encore plus tabou que les règles. Winckler qui se veut le grand défendeur de la femme n’en parle jamais ( et n’a pas répondu à ma question posée par mail).

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    • J’ai trouvé ça intéressant. Mais comme je ne suis pas encore concernée, cela m’a semblé pas mal. Je ne sais pas ce qu’en penserait une femme qui est en plein dedans

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  2. La cup, très vantée par les ‘zéro déchet’, et ça m’a l’air pas mal (ne tient pas de place dans la valise, car tu dois le savoir, c’est TOUJOURS en voyage que…)
    Le bouquin m’intéresse, j’ai connu la préhistoire des trucs en coton lavable (je passe les détails) et peux dire qu’il y a eu du progrès!
    A part ça j’ai eu la chance de passer à côté des problèmes liés à ça (je dis ça) douleur et cie.

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    • Je ne suis pas trop mal lotie non plus. Et même si je suis ravie que nous n’ayons plus à laver des serviettes hygiéniques, la perspective de m’enfiler du poison chaque mois m’effraie un peu

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  3. J’en ai un autre dans ma PAL, exactement sur le même sujet « Ceci est mon sang » d’Elise Thiébaut. Je vais le lire bientôt ; je vais attendre pour le tien. On dirait que le sujet tabou sort enfin un peu du bois …

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  4. Pas certaine de lire cet essai même si je ne doute pas une seule seconde qu’il soit très instructif. Quant à la cup, j’y réfléchis sérieusement…

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  5. Les nouvelles générations ont l’air plus cool sur le sujet. Je me souviens de petites mignonnes au collège, rougissantes et timides, qui demandaient , discrètement, en chuchotant à mon oreille après m’avoir appelée, l’autorisation de sortir, car ‘heu madame’ (autorisation bien évidemment accordée)
    alors que récemment, pour certaines c’est tout juste s’il n’y avait pas une annonce à grand bruit (et là ce sont les garçons qui ne mouftaient pas ^_^) pour vouloir sortir!
    Tu as remarqué avec tes élèves ou pas, sur le sujet?
    En tout cas si une avait très mal je lui conseillais de voir un médecin, qu’elle ne supporte pas ça des décennies!
    (prof, le métier multi tâches ^_^)

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    • J’ai osé parler endométriose à une gamine qui se tord de douleur depuis un an, au point que ça lui fasse louper des cours.
      Les gens ont commencé à dire « phobie scolaire », paresse, etc. Je suis allée la voir et je lui ai dit que j’avais remarqué que ça tombait assez régulièrement dans le mois. Elle a osé me dire qu’en effet, c’était surtout au moment des règles.
      Elle en a parlé à sa maman, qui va insister auprès du gynéco.

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