C’est à Elias qu’il incombe d’organiser les funérailles de cette grand-mère qu’il n’allait pas voir assez souvent, il le sait. Ainsi,

dieu n'est même pas mort

désormais, il va devoir porter le poids de ce suicide par lequel elle a décidé d’organiser sa sortie de vie. Elias n’est pas enchanté par la perspective de retourner dans cette maison et d’y croiser les membres de cette famille avec laquelle il a pris ses distances. Mais il y a cette d’adieu à lire et puis surtout la bague de l’arrière-grand-mère à retrouver, puisqu’il est celui qui doit en hériter. Aux chapitres dans lesquels Elias raconte son périple à Poitiers, ville qu’il déteste, se mêlent les récits de Moshe l’arrière grand-père, de Paul le grand-père, d’Emmanuelle la mère. Ce roman choral nous renvoyant à différentes époques de l’histoire de cette famille juive permet de reconstituer pierre par pierre le passé de cette famille mais également de parvenir à comprendre par quel biais la grand-mère n’a eu d’autre issue que de mettre fin à ses jours.

    Un roman triste, c’est vrai, mais je dois dire que Samuel Doux signe ici un magnifique premier roman. On y trouve une plume précise, un schéma maîtrisé et des personnages avec une réelle épaisseur. Chacun d’entre eux m’a beaucoup touchée, traînant une histoire lourde à laquelle ne cesse de se mêler l’Histoire. Je ne me lasse pas des récits prenant appui sur l’Europe de la première moitié du XXe siècle et racontant l’horreur subie par les juifs. Je n’ai jamais l’impression d’en savoir assez, jamais la sensation de me rapprocher de la compréhension d’une telle abomination. Je vous conseille donc la lecture de ce roman très bien écrit et d’y rencontrer ces personnages dont le souvenir ne va pas me lâcher de sitôt, notamment le souvenir de Moshe mais aussi celui de Paul qui a passé sa vie à se réfréner par peur du “qu’en dira-t-on ?”

   

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