Tout faire valdinguer – Une photo, quelques mots

© Gabriel Augusto

« Tout faire valdinguer »

Ma 118e participation à l’atelier

« Une photo, quelques mots »,

initié par Leiloona

 

 

    Elle l’a tant attendu ce moment où elle pourrait tout faire voler. Elle a tant espéré un jour faire tout valdinguer. Le boulot, le mec, les gosses. Ne plus entendre ce « Chérie, t’as pas vu… », ni ce « Maman, tu peux me donner… »

    Alors, cette nuit-là, en se couchant, elle a su que c’était la dernière fois qu’elle s’étendait là, près de lui, pas loin d’eux. Encore un peu de courage. C’est le premier qui est le plus compliqué. Elle n’aurait qu’à attendre qu’ils s’endorment profondément, s’extraire du lit sur la pointe des pieds et fuir, fuir, fuir. Loin du monde, loin de tout ce qui fait qu’elle a oublié qui elle était. Ce qu’elle voulait. Au plus profond de son petit être fatigué.

    Epouse légère ? Mère indigne ? Ils pourront bien dire les pires horreurs. Elle ne les entendra pas, tout occupée à danser sur le sable, à offrir son corps aux vagues de l’océan. A se sentir vivante, enfin. Sans doute pour la première fois d’ailleurs, en y réfléchissant bien.

    Elle sent déjà le sable qui glisse entre ses orteils, sa jupe qui flotte au vent et qui lui claque les cuisses.

    Voilà, entre mourir à petit feu près d’eux et vivre libre loin d’eux… elle a choisi…

    TUT TUT TUT

    Le réveil indique 6h30. Vite, s’extirper du lit sans le réveiller. Et aller préparer le petit-déjeuner.

26 réflexions au sujet de “Tout faire valdinguer – Une photo, quelques mots”

  1. J’aime beaucoup le début et regrette un peu que ce ne soit qu’un rêve tant on sent qu’elle a un grand besoin de partir…Peut-être pour un temps, pour se retrouver ou pour toujours qui sait?

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  2. Raaaah, mais c’était qu’un rêve ? Ah ben non alors…
    Quelle belle idée, envoyer tout valdinguer !
    J’espère qu’un jour elle y parviendra. Avec le mari et les gosses ou pas.

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  3. Ton texte me rappelle un roman de la rentrée littéraire : celui de Carole Fives. Une mère seule qui s’évade la nuit, jusqu’à la fuite de trop …

    Quelle impulsion manque-t-il à ton personnage pour faire tout valdinguer ? 😉 Et si, la solution n’était pas de tout valdinguer, mais d’aménager ?

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    • Ah je note la référence du livre alors, ce sera l’occasion de découvrir cette autrice.
      Et je suis d’accord, la solution n’est absolument pas de tout faire valdinguer. Mais nos rêves justement nous permettent de fantasmer d’autres horizons 😉

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  4. J’y ai cru, je trouvais un peu triste, et lâche, j’opterai plus facilement pour dialoguer, se faire comprendre, et déléguer, elle n’est pas seule à la maison, mais elle leur a laisser croire que si !

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