CO2     Il y a peu de temps que je me suis décidée à lire de la bande dessinée. Et j’ai littéralement eu le coup de coeur pour Manu Larcenet dont j’ai lu et chroniqué les cinq volumes du Retour à la Terre ainsi que le premier tome du Combat Ordinaire. Ma médiathèque étant bien achalandée en B.D, j’ai pu me procurer les deux suivants.

    Le deuxième volume s’appelle “Les quantités négligeables”. On y retrouve Marco toujours en proie à ses angoisses. c’est une volume très touchant, très dur. On y suit la maladie d’Alzheimer du père, jusqu’au suicide… On voit comment tout fiche le camp et comment ceux que l’on appelle “les quantités négligeables” sont traités. Parce qu’on est toujours la quantité négligeable de quelqu’un finalement. Les personnages sont vraiment touchants et reflètent bien le malaise des jeunes adultes de notre époque, la difficulté à se projeter dans l’avenir, à trouver une place dans un monde qui broie de l’humain à chaque seconde.
    J’ai lu des critiques de gens qui n’aiment pas de dessin de Larcenet. Mais ce qui est certain c’est qu’il a un traitement de la couleur et des cadrages très particulier et très expressif. Je suis impressionnée par tout ce qu’exprime son coup de crayon.

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    Ce troisième volume, “Ce qui est précieux”, est toujours aussi noir et on se demande si Marco va un jour voir un peu de lumière au bout du tunnel. La situation est toujours tendue avec Emilie qui veut un enfant alors que lui a peur d’être père. Le frère de Marco va au plus mal lui aussi. Le décès du père les a tous ébranlés. Par contre, la vie professionnelle de Marco semble redémarrer, ses photos vont faire l’objet d’un livre.

    J’ai aimé aussi le discours sur la guerre d’Algérie, et les horreurs de la guerre en général.

    J’ai aussi beaucoup aimé la note positive sur laquelle s’achève ce troisième volet.

Quelques petites phrases qui m’ont touchée :

* “Quand elle n’est pas hideuse, la vie est magnifique”.

* “C’est la nature qui nous fait des cadeaux, pas le contraire.”

* ” Prétendre que l’on peut dissocier la torture de la guerre, l’abjection du massacre, est un mensonge d’homme puissant.”

* “Quand on ne meurt pas, il faut se résoudre à vivre.”

     Je vais laisser décanter ma lecture avant de lire le quatrième, afin de le savourer à sa juste valeur. J’ai encore du mal à parler de la bande dessinée