Femmes… assumer, encore et toujours ?

femmes    Forcément, appartenir au groupe des femmes, ça devrait juste signifier ne pas être un homme. On voudrait aujourd’hui ne pas avoir encore à tout prouver.

    Physiologiquement, les femmes portent les enfants. Cela devrait suffire à justifier au moins d’une égalité avec l’homme. En réalité, ça lui donne juste le droit d’assumer quand elle se retrouve enceinte. Ainsi que devoir encore et encore réaffirmer son droit sur son propre corps.

    Je vais vous parler de ce qui est arrivé à une amie qui m’est très chère. C’est une très belle femme, séparée et qui élève ses enfants avec beaucoup de brio. Depuis sa séparation, elle assume avoir une sexualité libérée, n’ayant pas envie de s’engager. Elle fréquente donc des hommes avec qui elle s’entend bien mais qui savent que la relation n’évoluera pas vers ce qu’on appelle un couple.

Le regard des autres

Parce qu’en effet, le regard des autres, il commence là. Aujourd’hui, une femme ne peut toujours pas être libre de coeur et de corps sans qu’on la pointe du doigt. Alors, le plus souvent, elle se tait. Et pourtant, les relations qu’elle entretient sont, dans la majeure partie des cas, basées sur un grand respect réciproque. Souvent plus fort que dans celui que l’on peut constater chez certains couples installés.

Les années passent et mon amie décide de ne plus s’infliger la pilule hormonale. Le stérilet en cuivre ne lui réussit pas. Peu importe, il reste la capote. N’oublions pas que, bien utilisée, ce moyen de contraception est aussi fiable que les autres et qu’en plus, il nous protège des MST. Néanmoins, vous passerez pour une inconsciente si vous affirmez n’utiliser que ce moyen de contraception. On pourrait parler du fait, encore une fois, que ce sont les femmes qui doivent assumer cela… mais cet article deviendrait affreusement long.

Et la capote fila…

Eh oui, cela arrive… L’amant est un régulier, un gars gentil, un peu amoureux sur les bords. Mais qui respecte les limites imposées par la belle. En fin de rapport, il prévient son amante qu’il a perdu le préservatif. Il faut donc le récupérer et constater que forcément, il n’a pas rempli son office. A partir de là, quoi qu’on en pense, tout reste à la charge de la femme.  D’autant que l’amant, dans le cas présent, repart l’outil entre les jambes et fait le mort… pour ne pas gêner… évidemment…

Vite, vite, à la pharmacie…femmes

Commence donc le parcours du combattant… faute de malchance, mon amie habite dans une toute petite ville. Il lui faut donc veiller à être discrète. Ce qu’elle demande ? La pilule du lendemain. Elle a plus de 40 ans, elle ne l’a jamais prise. Et pourtant, la pharmacienne, après avoir demandé quel est sa contraception habituelle, va se permettre de lui dire de ne pas considérer cela comme un moyen de contraception. Qu’on lui explique le mode d’emploi, les limites, les risques, les contre-indications, d’accord. Mais qu’on sermonne une femme comme une enfant de douze ans…

D’autant qu’en venant dans cette pharmacie, elle montre justement qu’elle est une femme responsable. En quoi utiliser un préservatif et venir demander une pilule du lendemain le jour où ça dérape serait-il moins raisonnable que de s’infliger une foutue pilule pleine d’hormones ? Et puis c’est en vente libre que je sache… Mais au lieu de s’inquiéter de l’état moral de la femme qui entre, gênée, dans la pharmacie, on la sermonne… Il y a encore du chemin à faire dans certains endroits. (Je ne généralise pas, j’ai eu à la demander il y a quelques années. Et j’avais été très bien renseignée en pharmacie. Sans jugement)

Commence alors la longue attente… Viendront, viendront pas ? On n’a jamais autant désiré les voir débarquer. Et pendant ce temps-là, d’ailleurs, celle qui flippe, on sait bien qui c’est…

Ce billet est un peu long, je vous invite à revenir lire la suite samedi.

 

 

26 réflexions au sujet de “Femmes… assumer, encore et toujours ?”

  1. J’ai eu le même souci quand j’ai dit à mon endocrino qu’on avait adopté le préservatif comme moyen de contraception. A chaque fois, elle me répétait que ce n’était pas fiable. Je n’en peux plus d’entendre ce discours. Comment le préservatif peut-il rester crédible comme moyen de lutte contre les MST si on répète à l’envi qu’il n’est pas fiable ?

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      • Pas seulement. Je pense que l’habitude a un poids très fort. En France, beaucoup de médecins considèrent encore que la pilule est le moyen de contraception « normal ».

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        • C’est d’autant plus fou qu’ils sont les mieux placés pour savoir que ce n’est pas sans répercussion, tout de même. Perso, j’ai aussi arrêté la pilule. Ma gynéco m’ayant d’ailleurs bien mise en garde sur les méfaits des hormones après 40 ans

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  2. Bonjour j ai déjà eu à la prendre car j avoue ne pas avoir été régulière sur ma pilule classique et vu que je ne veux pas d enfant ben les deux fois où c est arrivé je suis allée à la pharmacie et heureusement je n ai pas eu de sermon du pharmacien il m a seulement expliqué comment ça fonctionne.

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    • Oui je sais bien que tous les pharmaciens ne se permettent pas la leçon de morale. Ce que je veux juste dire c’est que c’est toujours à nous d’assumer ces choses-là

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  3. Excellent article Stéphie. Et oui, la nature nous donne déjà pas mal de chose à « porter » seules, si en plus on se prend des sermons des pharmaciens et des hommes, en plus de leur nonchalance face à leurs responsabilités, ça devient invivable. Heureusement ils ne sont pas tous ainsi.
    Merci pour cet article nécessaire. J’attends la suite Samedi
    bisous

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    • Evidemment, ce n’est pas une généralité Mais je pense important de continuer à pointer ceux qui pourraient nous empêcher d’être libres 🙂

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  4. Dans une autre vie j’ai eu recours à la pilule du lendemain et la deuxième fois, j’ai envoyé le garçon l’acheter parce que j’estimais que ce n’était pas uniquement ma responsabilité. Mais c’était une relation suivie et il se sentait aussi concerné que moi sur ce point. Mais je suis bien d’accord, le fait que ce soit la femme qui porte l’enfant et qui doivent assumer les conséquences les rend forcément plus « responsables ». Mais c’est aussi pour cela que personnellement je ne ferai pas confiance à une « pilule masculine » parce que je pense que tant qu’on est pas viscéralement concerné par es conséquences on peut prendre les choses à la légère

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    • Oui, ton argument pour une prise féminine de la pilule est tout à fait pertinent.
      Evidemment, il y a des hommes qui se sentent concernés. Heureusement.
      Mais c’est surtout contre cette charge immense qui repose sur nos épaules, dans tous les cas, que je voulais un peu m’exprimer

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  5. Personnellement, je comprends une femme qui assume et vie sa vie comme elle l’entend. Le sermon en plus d’être inutile est insultant. J’en ai fait l’experience pour tout autres choses et j’ai changée de pharmacie. Je n’y vais plus. Quand la pharmacienne en question m’a croisée dans la rue en me demandant pourquoi je ne venais plus. Je lui ais répondu de se mettre à la place des clientes ne lui ferait pas de mal.

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  6. Mon médecin aimerait beaucoup que je prenne la pilule (pour mes fortes carences en fer). Il y a une injonction à prendre la pilule pour tout et n’importe quoi ! Parce qu’en soit, je n’en ai pas besoin pour ma vie sexuelle (étant lesbienne). On me l’avait déjà proposé pour que je sois sûre d’avoir un cycle régulier (parce que j’avais dit que les deux-trois derniers mois, j’étais stressée et mon cycle s’était décalé).
    Certains médecins/pharmacien.nes ont du mal à se mettre en tête que ce n’est pas parce qu’on ne prend pas la pilule qu’on ne sait pas ce que c’est. C’est un choix que l’on fait, en connaissance de cause. Si ton amie (qui n’a plus 16 ans et ne découvre pas les rapports sexuels et tout ce qui va avec) demande la pilule du lendemain, oui, la pharmacienne peut s’enquérir de ce qu’elle sait en matière de protection, mais elle n’a pas à faire la morale. En plus, la pilule ne protège pas des MST. Même, la pilule n’est de toute façon pas infaillible.
    Bref, ça m’énerve. C’st notre corps, qu’on nous laisse le protéger de la façon qui nous paraît la meilleure.

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  7. J’ai adopté le stérile sur les conseils de mon gynécologue, il y 10 ans. Une libération pour la partie contraceptive. Pourtant, alors que je devais le renouveler, le même praticien a fait un commentaire qui m’a rendue dingue ; « pas de 2eme alors ? Vous arrivez à la limite… » Non mais oh ! C’est mon corps, c’est aussi mon couple, ma famille et une décision bien trop intime pour qu’un médecin m’oblige à la justifier,

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  8. Eh oui, Stéphie, on en est encore et toujours là et même pire encore! Je vois ma fille, 23 ans, étudiante, encore une année d’études à l’ENSATT de Lyon, et tout ce qu’elle subit (parce que entendre c’est une chose mais quand c’est quotidien, pour moi, c’est subir) tout ce qu’elle subit donc parce qu’elle est une femme, jeune et belle qui plus est.
    A notre époque, en 2017, on devrait pouvoir prétendre à une certaine égalité hommes/femmes et on en est loin. Des progrès ont été faits certes et on peut en remercier nos aînées mais nous avons du pain sur la planche encore pour que nos filles et petites filles n’aient plus à se justifier, au moins,sur le simple fait de disposer de leur corps et de leur vie en toute sérénité.

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    • En fait, à l’échelle du temps de l’humanité, la lutte ne fait que commencer. Si les femmes étaient plus soudées, pour commencer…
      Merci beaucoup pour ton témoignage

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  9. Moi aussi j’y ai,eu droit à la leçon de moral le jour où j’en ai eu besoin. Et les leçons de morale (de la part des medecins, de ma mère qui voulait m’emmener chez le gynéco pour une pilule, des compagnons que j’ai pu avoir) aussi quand je dis que je ne souhaite pas d’autre moyen de contraception que le préservatif … Et cela m’attriste et m’énerve que l’on considère la contraception comme problème seulement féminin parce qu’on est les seules à pouvoir porter la vie et parce que ça ennuie certains de faire des efforts pour se sentir un minimum concernés.

    En plus, cela me fait toujours halluciner de voir qu’il faut se battre pour avoir autre chose que la pilule, surtout pour une première contraception…

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    • Oui et on te raconte que c’est une chance que l’on te donne de pouvoir te caler toutes ces hormones dans le corps… Enfin, bref…
      merci pour ton témoignage 🙂

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  10. Ton amie, je la connais très bien, je suis cette amie, je connais parfaitement chacune de ces étapes de vie, ces poids à porter seule, les choix dérangeants, les regards, les non-dits trop bruyants,… et c’est le risque que de tomber enceinte selon les options que l’on choisies, et ce risque ne peut-être que féminin puisque c’est le corps de la femme qui est porteuse de vie. La bataille de la contraception est une lourde bataille, et j’y ai mis fin en sectionnant les trompes. Point final, finies les tortures.

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  11. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de jugements aujourd’hui qu’il y a 10 ans concernant la pilule du lendemain…
    Mais au final c’est toujours ça en fait… le jugement des gens! Trop grosse/maigre, pupute/garçon manqué, mère trop jeune/trop vieille, trop d’enfants/pas assez et même « fausse femme » si on ne donne pas la vie.
    en bref, si chacun pouvait s’occuper de son cul au lieu de s’occuper de celui des autres, le monde s’en porterait bien mieux…

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    • Alors ça, tu prêches une convaincue. Tout le monde veut toujours avoir un avis sur tout et pense, en plus, que son avis est d’utilité publique. Je pense que ce côté pesant a été exacerbé par le net et les réseaux sociaux où les gens se lâchent, sans réfléchir, sur tout et sur rien

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  12. Ah ben non, tu peux pas nous laisser en plan comme ça au milieu d’un billet !!!!!!!!!!!!!!!

    Bon, sur le sujet, bien sûr, pas grand chose n’a changé… Mais j’ai tendance à me dire que le fait de devoir gérer seule, même si c’est en supportant des regards ou avis jugeurs et moralisateurs, veut malgré tout dire qu’on est encore libre de faire ce que l’on désire… Un roman me revient souvent en mémoire sur la place de la femme : La servante écarlate de Margaret Atwood, qui fait froid dans le dos…
    Je sais bien que ça n’est pas une raison de se réjouir, mais si tu compares notre position en France ou dans les pays européens par rapport aux femmes du reste du monde, on est plutôt bien loties, non ?

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