Le tout dernier été – Anne Bert

    Le tout dernier été est le récit digne de la décision d’Anne Bert de choisir sa mort puisqu’il ne lui est plus permis de choisir sa vie. Un témoignage qui mêle courage et pudeur, un témoignage qui pousse au respect.

    Je me souviens de la manière dont j’ai découvert Anne Bert. Elle venait d’être nommée directrice d’une collection chez Numeriklivres, l’Intime. Une auteure, Aline Tosca, m’en disait le plus grand bien. Je rêvais de confier un texte pour cette collection qui naissait… Mais quelques mois plus tard, c’est l’annonce de la maladie de Charcot. Et on le sait, cette saleté de maladie est vorace et dévaste tout à la vitesse de l’éclair. Et déjà arrive pour cette femme incroyable ce qu’elle va nommer Le tout dernier été.

    Puisqu’elle ne peut gagner contre la dégénérescence de son corps ni contre la mort qui s’annonce à grand pas, Anne Bert s’engage pour la fin de vie. Alors, elle témoigne, écrit à celui qui sera élu président de la République, soutient les pétitions sur l’aide active à mourir. Comme elle ne peut continuer à vivre, elle va choisir de se rendre en Belgique et d’y mourir dignement.

    Le tout dernier été est un hymne à la vie, un récit de toutes les dernières fois. C’est un texte poignant qui raconte les dernières fois et comment cette femme a, petit à petit, renoncé à ce qui lui échappait. C’est un texte à la fois triste, puisque paru après le décès de l’auteur, et formidablement lumineux. Voilà un hymne à la vie, à tout ce qu’elle nous offre et que nous devons nous empresser de cueillir. A chaque instant.

    J’ai lu ce texte d’une traite. En effet, impossible de le refermer sans avoir laissé cette femme merveilleuse dire tout ce qu’elle avait à dire. J’aurais eu l’impression de la laisser souffrir seule. Etrange sensation face à un livre…

« Il me reste une ultime liberté : celle de choisir la façon dont je vais mourir. »

 

4 réflexions au sujet de “Le tout dernier été – Anne Bert”

  1. Pas sûre de pouvoir, mes sentiments face à tout ça sont tellement difficiles à démêler! Mais ton billet a le mérite de m’ouvrir un peu plus, ça m’aide à avancer sur un chemin de réflexion compliqué pour moi! Merci!

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    • Je t’assure que la pudeur aide à aller au bout de ce témoignage. Il me semble que nous devons cette force aux gens qui en ont eu beaucoup plus que nous et se battent pour que nous ayons le droit à disposer librement de notre corps et ce, dans la dignité

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