L’empreinte de toute chose – Elizabeth Gilbert

par | Mar 13, 2014 | Oeuvres contemporaines | 33 commentaires

Ce roman c’est l’histoire d’Alma Whittaker, une sacrée bonne femme, au début du XIXe siècle. Elevée entre un père anglais qui l'empreinte de toute chosedoit sa fortune à beaucoup de labeur et d’opportunisme et une mère hollandaise d’une rigueur et d’une érudition impressionnantes, cette drôle d’enfant, pas très jolie, va grandir et s’intéresser comme ses parents à la botanique. Ayant toujours assisté aux conversations et préoccupations des adultes, Alma n’a pas vraiment eu d’enfance et on a toujours beaucoup exigé d’elle. Son chemin va croiser celui de plusieurs personnes qui vont influencer sa vie de manière irrémédiable jusqu’à la rencontre importante, celle d’Ambroise Pike, l’homme qu’elle aimera plus qu’elle même, à s’en brûler les ailes.

C’est un roman passionnant. Je dois même dire que j’étais si triste à l’idée de le terminer que j’ai repoussé la lecture de la fin, ne voulant pas quitter cette femme incroyable. Et pourtant, je ne pensais pas m’enthousiasmer ainsi à la lecture du destin d’une femme passionnée par la mousse des arbres. Elizabeth Gilbert a écrit un roman qui allie un propos pertinent et documenté à une vision très optimiste de la vie. En effet, Alma n’est pas épargnée et connaît un destin très atypique pour une femme de son époque. On va la suivre d’ailleurs jusqu’à Tahiti, puis en Hollande dans une quête très intime sur le sens de sa vie. Partie avec presque rien en poche, elle est un modèle de ténacité et de courage.

DSCN0682

Je ne veux pas trop vous en dire, c’est un roman de plus de 600 pages que j’aurais voulu ne jamais lâcher, un roman qui dégage quelque chose de bien spécial, une sorte d’énergie. J’ai eu l’occasion d’assister à une rencontre avec l’auteur lors de sa venue à Paris et l’entendre parler à la fois de son oeuvre, de son processus d’écriture et de sa philosophie de vie ont éveillé en moi beaucoup de questions et une envie de sérénité que j’aurais bien du mal à expliquer. Je pense encore à une chose qu’elle a dite sur notre volonté effrénée de rechercher à toute force notre équilibre. Elle a eu une réflexion très juste sur le fait qu’on ne peut trouver quelque chose qui finalement n’est qu’une piste improbable sur laquelle on se perd et qui de fait nous empêche de nous épanouir. (Edit pour Leiloona : ma phrase est en effet cahotique… Ce que je veux dire c’est qu’on se fait sans doute du mal à vouloir atteindre un idéal qui a été créé de toutes pièces – trouver son équilibre – alors que cela n’existe sans doute pas).

33 Commentaires

  1. Leiloona

    Hum, je ne comprends pas trop la dernière phrase … Ce doit être les brumes matinales … Mais selon moi on peut trouver des choses qui nous écartent de notre chemin et de notre épanouissement … On se leurre si souvent.
    Je serais plutôt pour dire que notre épanouissement passe par une multitude de chemins. Ce qui m’épanouissait à 15 n’est plus mon nirvana actuel.

    Sinon je comprends ce que tu veux dire pour l’énergie du bouquin. Mais pour moi, celui que j’ai lus était trop focalisé sur le côté spirituel …

    • Stephie

      Je vais retourner lire ma dernière phrase alors… Parce que les brumes matinales ont été rudes à dissiper ce matin de mon côté aussi.
      Je ne peux pas faire de comparaison avec « Mange, prie, aime » mais je pense avoir un lu roman davantage historique que spirituel 😉

  2. aifelle

    Tu vas me faire regretter de l’avoir refusé, j’avais été déçue par le précédent. Par contre, j’avais aimé « mange, prie, aime ».

  3. Leiloona

    Pas lu « mange prie aime », mais son précédent … Me rappelle plus du titre.
    Je pige mieux ta phrase (le 2è café sans doute) ! 😉 L’équilibre, le bonheur … hum les deux sont à chercher dans de petits instants, mais pas dans la durée.

    • Stephie

      Oui c’est sans doute beaucoup trop abstrait pour réussir à fixer cela sur une période trop vaste.

  4. Leiloona

    (et puis le prof de philo m’a toujours dit que le désir n’existait plus une fois l’objet désiré atteint …)

    • Stephie

      Il suffit juste de déplacer légèrement ce qui suscite notre désir, afin de le réexplorer sans cesse 😉

  5. jostein59

    Je ne serais pas allée naturellement vers ce livre et ton avis me porte à croire que c’est un tort. Si l’occasion se présente, je me laisserais peut-être tenter.

    • Stephie

      Je pense que si on ne me l’avait pas mis dans les mains, je n’aurais pas osé non plus 😉

  6. Louise

    Je n’ai pas lu Mange, aime , prie; ni l’autre (que personne nomme, donc je ne connais pas le titre) et celui ci à cause de ta dernière phrase ( enfin grâce à l’édit) je pourrais me laisser tenter, et surtout si en plus ça parle de mousse ;
    Par contre comme dit Leiloona si c’est trop spirituel je préfère passer. Je déteste tout ce qui dit: apprendre à se connaître…. se ressourcer….

    • Stephie

      Le personnage apprend à se connaître, c’est un roman initiatique mais c’est clairement plus un roman historique, un destin de femme. Pas un truc spirituel. Je n’aime pas ça non plus.

  7. noukette

    Un pavé quand même…! Vu que je lis comme un escargot je passe mon tour pour l’instant…! Mais je garde l’idée… 😉

  8. Caro

    J’ai adoré  » Mange, prie, aime » et je suis curieuse de voir ce que Gilbert donne dans un roman…Je note !

  9. lasardine

    ton billet est alléchant dis donc!! je suis quand même freinée par le nombre de pages (c’est con c’est con!!) mais je note le titre, bien sûr, pour j’espère plus tard!

    • Stephie

      C’est fou qu’on fasse nos mauvais élèves avec le nombre de pages, hi hi !

  10. laurie lit

    Argh je le veux. Je n ai pas lu mange prie aime j ai bloqué sur le titre ( c est bête) mais ta chronique donne très envie.

  11. alexmotamots

    600 pages et pas pressée de voir la fin ? Il doit vraiment être bien.

  12. dan

    J’ai lu Mange, prie, aime… Malgré des longueurs, j’en garde un bon souvenir… je me laisserais peut-être tenter par celui-là.

%d blogueurs aiment cette page :