Maïa Brami – Toute à vous – Le premier mardi…

par | Avr 7, 2020 | Jeunesse, Lectures inavouables | 12 commentaires

Maïa    Troisième titre paru dans la Collection L’ardeur chez Thierry Magnier, Toute à vous de Maïa Brami continue à nous parler de désir chez les jeunes gens.

    Après avoir lu et adoré Le goût du baiser, dans la même collection en janvier, j’avais très envie de me replonger dans la collection. Et le format très court de Toute à vous a fini de me convaincre. Je n’avais jamais lu Maïa Brami, c’était donc doublement l’occasion.  J’aurais pu le lire d’une traite si je n’avais pas été promue, en ces temps de confinement, cuisinier en chef de mon ado préféré…

    Toute à vous, c’est une succession de lettres. Celles de la jeune Stella, 21 ans, étudiante en lettres, à son voisin d’en face. Il n’a suffi que d’un geste presque anodin – un t-shirt retiré d’une main – pour que la jeune femme s’enflamme. Alors de lettre en lettre, elle lui dit son désir. Mais elle lui dit également sa condition de femme, ses réflexions, lui dévoile son imaginaire. Elle lui écrit toutes ces lettres que, telles la religieuse portugaise, elle ne lui enverra pas. Et puis, celui qu’elle a décidé de nommer Adam est aveugle. Alors si elle le voit, lui, ne la voit pas.

    Maïa Brami signe ici un très beau texte. La langue y est belle et fine, les mots et les références habilement choisies. L’expression du désir et du fantasme y est délicate. Tellement que la mention d’avertissement de la quatrième de couverture me semble superflue. En effet, la collection l’Ardeur, publiée chez un éditeur pour la jeunesse, vise les grands adolescents (à partir de 15 ans) et a décidé de leur offrir des textes érotiques. Ici, on suggère à peine. Le désir se dit, mais pas le sexe, finalement. Ce n’est pas un reproche, l’érotisme c’est bien justement toute cette palette qui va de la plus légère suggestion aux mots plus crus. On se demande même si Maïa Brami se bride, notamment  quand elle parle du sexe masculin en disant « parties génitales »…

   En bref, je recommande cette lecture. Mais sans doute pas au public visé. Comme je le disais le texte est vraiment très beau, j’ai aimé le lire.C’est un très beau roman, à mettre de manière générale dans des mains féminines, de tous âges. Pour ses réflexions sur le désir, sur la place des femmes, sur le culte du paraître. Mais cela ne m’a pas émoustillée une seule minute, en revanche.

    De plus,  j’ai eu l’impression de lire une femme de 30 ans et non à la vingtaine. Les références culturelles ne sont clairement pas celles d’une jeune femme. Et le style rappelle clairement celui d’une étudiante en lettres. Je doute qu’il puisse parler à une grande adolescente qui cherche à se faire frissonner… A la fois, je trouve très bien que cette collection fasse varier la palette de ce qu’elle propose… à la fois, je doute que ce texte trouve ses lecteurs dans le public visé.

    Les inséparables Jérôme et Noukette nous proposent une lecture commune, L’Irrégulière nous parle stratégies d’écriture érotique.

 

12 Commentaires

  1. caro

    Il est tout juste sorti celui-ci non ? Il me semble bien, mais tu m’as l’air tout de même légèrement déçue… En tout cas, je le suggérerai en bibliothèque ! (et zut, j’aurais pu participer avec mon titre de lundi « le goût du baiser », mais je n’avais pas réagi qu’on était le 1er mardi du mois hier…)

      • caro

        Il serait sorti le 18 mars, d’après ce que j’ai pu voir sur un site de librairie…

      • Stephie

        Punaise, ça va pas être facile pour ce livre de se faire une place…

  2. Alice

    Je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir cette collection, vivement !

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