Une photo, quelques mots (58)

funchal

© Leiloona

    Vingt ans après, toujours la même émotion. Revenir sur les lieux et tout se rappeler. Rester embusquée de peur d’être reconnue. Même si vingt ans après, j’ai bien changé. Même si vingt ans après, les propriétaires des lieux ne sont sans doute plus les mêmes. Mais laissez-moi vous raconter.

    Loïc et moi, nous avions dix-neuf ans. J’habitais encore chez mes parents et lui étais interne d’un centre sportif. On aimait se promener main dans la main. Mais pour s’étreindre, c’était plutôt à la sauvette. Il était aventureux, j’étais plutôt timide et réservée. Alors on s’aimait un peu partout, à la faveur d’un coin sombre ou d’un lieu déserté. Toujours dans la hâte, toujours fébriles.

    Un soir, nous nous étions promenés au bord de mer. Il faisait chaud. Nous avions cette chance d’habiter au bord de l’océan. J’aimais entendre le fracas des vagues sur les rochers, cela donnait un côté sauvage à nos rendez-vous. Loïc avait cette façon de me regarder qui prépare le désir, qui annonce l’étreinte. Je gloussais comme l’ado que j’étais. Je le voulais, il me voulait. Ne manquait plus que l’endroit pour nous abriter.

    Il m’entraîna au bout d’une digue. Au bout de celle-ci, une petite guérite aux volets clos. Il faisait sombre et il n’y avait personne autour. Il me fit m’appuyer face au mur et se colla derrière moi. Il caressa mes cheveux, les releva et mordilla ma nuque. Je frissonnai. Il toucha mes seins à travers l’étoffe, à pleines mains ; en titilla les tétons. Il m’embrassa le cou et me lécha le lobe de l’oreille. Je ne voulais pas qu’il s’arrête. Tout avait disparu autour de nous.

    Alors j’entendis le bruit de sa fermeture éclair, un petit bruit d’emballage que l’on froisse. Il poussa mon string d’une main et entreprit de caresser mon clitoris. Il s’aperçut immédiatement que je n’avais qu’une envie : qu’il me prenne ici et sans tarder. De l’autre main, il me fit cambrer un peu plus, appuyant fermement sur le bas de mes reins. C’est ce moment qu’il choisit pour me pénétrer un peu brutalement. Il se lança dans un va et vient fougueux et jouit rapidement… le manque de contrôle de nos jeunes années.

      – Putain que c’était bon, jura-t-il !

     – D’ici, ça en avait tout l’air, ajouta quelqu’un depuis la fenêtre soudain entrouverte de cette maisonnée que l’on avait pensé inhabitée.

une-photo-quelques-mots1   on va s'aimer

44 réflexions au sujet de “Une photo, quelques mots (58)”

  1. Et bien si c’est ca l’humeur de cette semaine qui s’annonce, ça promet!!! Une ambiance tres juste, une chute tres drole!!! Excellent!!
    Je reste la, j’attends la suite de la semaine!!:)

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  2. Rire un lundi juste avant d’aller au boulot ça ne m’arrive pas souvent 🙂 J’ai adoré !!! Bises

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  3. roh mon dieu, c’est bien pour ça que je ne risque pas de faire ça dehors, j’en mourrais !
    j’aime beaucoup ton écriture, comme toujours 😉

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  4. Raaah, que c’était bon! Ton texte évidemment!
    J’aime plus l’étreinte que la chute. J’aime comment tu décris.
    Même si tu m’as fait éclater de rire toute seule devant mon écran!

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    • Je commence à prendre goût aux récits d’étreinte. Et les chutes… je crois que je ne peux plus m’en passer 🙂

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  5. Mince ! J’ai l’impression que mon commentaire est passé aux oubliettes ? Ou c’est la fatigue qui me joue des tours ?

    Bref, les premiers paragraphes, c’est moi. La suite, j’aurais pu l’écrire… Mais quelle chute (de reins ?) ! Je n’y aurais pas pensé !

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