Une photo, quelques mots (72)

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© Julien Ribot

     Il lui avait fallu un peu de temps pour remonter la pente. Retrouver ses marques, certes. Mais aussi oublier la voix, la douceur des doigts effleurant sa peau, l’empreinte du corps dans le sien. Faire de celui qu’elle aurait voulu sien, un étranger.

    De peur de le croiser et de flancher encore, elle avait fait ses valises, exploré du doigt le plan de RER. Depuis le temps qu’elle en rêvait… En quelques mois, tout était réglé : une petite maison à retaper tout au bout de la ligne de train qui lui permettrait tout de même de se rendre au travail. Exit le stress, le bruit et la pollution. Exit le souvenir de l’homme ! Bonjour la vie !

        Au moment où elle avait poussé la porte de cet endroit, elle avait su qu’elle était chez elle, enfin. Et pourtant tout y était à reprendre, à peine habitable en l’état. Peu lui importait, c’était bien plus vivable que ce qu’elle avait pu s’imposer ces dernières années. Alors, elle avait remonté ses manches, sollicité quelques amis et acheté des bières.

    Désormais, chaque fois qu’elle franchit cette porte, elle prend une bouffée d’orgueil. Cette maison lui ressemble : droite et fière dans le soleil du matin. Il ne lui manque plus qu’une main dans la sienne mais elle est confiante. La chance sourit aux audacieuses…

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36 réflexions au sujet de “Une photo, quelques mots (72)”

  1. Très joli texte, plein d’optimisme, de douceur et d’énergie aussi. Une énergie positive et conquérante. Le soleil brille sur cette maison et sur cette personne qui l’habite 🙂

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  2. Une nouvelle maison pour un nouveau départ, une maison à retaper pour oublier le passé et ouvrir la porte à l’avenir, tu es très optimiste ce matin, ça fait du bien !

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  3. J’adore ce texte, qui me fait penser à une amie, Raphaëlle, artiste peintre, grande lectrice.
    Faire de ses mains, une si belle thérapie !

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