Le tirailleur – Pierre Macola / Alain Bujak

par | Juin 6, 2014 | Bande dessinée | 10 commentaires

    En 1939, au Maroc, Abdesslem a 17 ans. Littéralement, sur un malentendu, on le force à rentrer dans l’armée française. Le voilà tirailleurenrôlé pour quatre ans et envoyé au front, laissant sa tranquillité, sa famille et son troupeau. Il ne sait pas encore qu’il part pour de longues années dans l’armée et qu’il sera envoyé de guerre en guerre, sans réellement avoir le choix, afin de soutenir un pays qui n’est pas le sien.

    C’est une magnifique BD qui traite d’un sujet douloureux, dont on parle un peu plus aujourd’hui mais bien trop passé sous silence, je trouve : l’implication de ces hommes vivant dans les colonies et qui se sont battus pour aider à la libération de notre pays. On découvre avec tristesse la manière dont ils ont été traités. Véritable chair à canon, ces hommes ont été envoyés en première ligne, sans mériter aucune considération, n’ayant pas droit de se mêler aux soldats français, subissant des conditions encore pires que les leurs. L’histoire d’Abdesslem est vraie, cette BD est une sorte de reportage. Alain Bujak l’a rencontré dans son foyer Sonacotra et le vieil homme lui a raconté son histoire et l’absurdité de sa situation. En effet, pour percevoir sa petite pension de guerre et pouvoir faire vivre sa famille au pays, le vieil homme est obligé de vivre neuf mois par an sur le territoire français, seul, loin des siens, dans un foyer sordide.

    L’histoire de cet homme, et derrière lui celle de tous ceux qui ont vécu la même chose, m’a profondément touchée. En ce jour de commémoration du débarquement en Normandie, je voudrais avoir aussi une pensée très forte à tous ceux qui se sont battus pour la liberté aux côtés de nos aïeux. Aujourd’hui, il ne faut pas oublier que la si libération de notre pays est due à un formidable déploiement des Alliés, il faut aussi rendre hommage à tous ces hommes qui habitaient les anciennes colonies françaises et qui ne sont sans doute pas assez remerciés du rôle qu’ils ont joué.

    Merci à Sophie d’avoir organisé ce rendez-vous éphémère et appelé à se souvenir sur nos blogs aussi.

d-day

 

10 Commentaires

  1. sabariscon

    Je partage les commentaires précédents. J’ai lu L’homme de l’année 17″ sur le même thème mais dans le contexte de la première guerre mondiale, et je dois avouer que j’étais émue.

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