Ma fille voulait mettre son doigt…- Maxime Gillio

    Avec un titre aussi drôle, on n’a qu’une envie : découvrir ce récit. Ma fille voulait mettre son doigt dans le nez des autres est le magnifique témoignage d’un père sur l’autisme de sa fille.

    Maxime Gillio, ancien prof de lettres, est auteur de plusieurs romans policiers. Il tient également une page Facebook, intitulée « Asperger mon amour » et sur laquelle il partage notamment son quotidien avec sa fille, Gabrielle, atteinte d’autisme. Page très suivie et dont les posts ont séduit un éditeur : Pygmalion. Et voici donc comment naît cet ouvrage qui ne se prétend pas être un mode d’emploi sur l’autisme. Bien au contraire. Mais un témoignage sur la vie d’un homme, d’un père et de son enfant atteinte d’autisme.

    Ce livre est juste comme la vie. On y rit, très fort. Et puis, on a les dents qui se serrent. Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, on ressent une grande colère lors de l’arrivée au collège de Gabrielle. Et on enrage de cette mauvaise prise en charge des enfants en situation de handicap. Certes, les enseignants sont souvent plus démunis que malveillants mais la souffrance des enfants, elle, est bien réelle. Alors, on a envie de pleurer et de câliner cette jeune fille qui, elle, n’aime pas qu’on la touche.

    La plus grande force de ce récit, c’est le ton avec lequel il est mené. Maxime Gillio réussit un tour de force dans sa manière de parler du handicap. Il raconte les événements avec beaucoup de dérision et cela rend les choses encore plus fortes. On ne peut qu’adorer les fois où il se moque même carrément des réactions de sa fille, où il la charrie. C’est un texte qui fleure bon l’amour et ça fait du bien.

    Je suis particulièrement sensible au sujet du handicap à l’école.

J’ai deux élèves autistes dans mes classes cette année, deux profils tellement différents, qu’il me semble étrange de les « classer » derrière ce même titre générique. J’inclus également des élèves ayant d’autres profils. Et c’est un travail d’équilibriste qui demande de se remettre en question toutes les deux minutes. Et au-delà de la transmission du savoir et du savoir faire, censés être le sel de ce métier, il y a surtout le « vivre-ensemble ». L’école est le plus grand vecteur de socialisation et c’est entre ses murs que nous devons apprendre à tous à accepter les différences. Et à s’apercevoir que c’est dans nos différences que se cache la plus grande richesse de nos relations.

    Une lecture que je partage avec Fanny

16 réflexions au sujet de “Ma fille voulait mettre son doigt…- Maxime Gillio”

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :